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Vincent Moon ou la vidéo à la volée

Le 5 mars 2024 — par Trempo

Quelques années avant les Tiny Desk et les Colors Show, Vincent Moon renouvelait la manière de mettre en scène la musique avec les Concerts à emporter. Le 14 mars à Trempo, dans le cadre du festival Eurofonik, il présentera son live cinema, une improvisation musicale et cinématographique inscrite dans la même veine.

Avec une manière inédite de filmer et de mettre en scène la musique, les Take away show (Concerts à emporter), réalisés par Vincent Moon pour la Blogothèque, lançaient la carrière du réalisateur. Petites planètes, Territoires, live cinéma ; en marge de l’industrie cinématographique et autour du monde, à la croisée de la musique, du cinéma et d’autres langages artistiques, les projets se sont depuis enchaînés avec un succès certain.

Un rapport au temps fondamental

Vincent Moon a le goût des choses faites « à la volée » : « Le rapport au temps est fondamental dans ma pratique et mon rapport au monde. » explique le réalisateur nomade, interrogé sur le quai d’une gare. En permanence sur la route, « sans studio, sans base, sans zone de confort ou de repos », il capte les formes musicales les plus variées, monte ses films « dans les coins les plus improbables » et publie son travail sur internet. Il précise : « J’ai beaucoup aimé dans ma pratique artistique ce qui avait trait à l’urgence, une sorte de course effrénée mais qui est en fait à la base de mon langage cinématographique. ». Celui dont les « films sont nourris du peu de temps » se rappelle de la naissance des Concerts à emporter, qui comptent parmi ses travaux les plus diffusés :

« Quand je commence les Concerts à emporter à la Blogothèque il y a 15 ans, on s’inscrit déjà dans un laps de temps court. On a des plages horaires très resserrées, que certains labels vont nous donner pour leurs artistes en tournée en Europe. On te donne trois-quart d’heure. En trois-quart d’heure, comment tu fais un film ? C’est une problématique qui m’a toujours archi motivé. »

L’empressement et le manque de temps, que beaucoup vivent comme une contrainte et que d’autres décrivent comme le mal de ce début de siècle, constitue au contraire le coeur du réacteur Moon : « L’idée d’avoir tout de suite une limite : on a ce temps là, et on donne tout pendant ce moment là. Ça focalise l’énergie, ça nous concentre sur quelque chose de très fort. » Cette « intensité » recherchée dans le travail marque déjà ses jeunes années, passées à écumer tout ce qu’il y a d’accessible de la création musicale et cinématographique.

Digestion effrénée de la production audiovisuelle et figures tutélaires

« J’ai 20 ans et quelques et je m’intéresse à toutes les formes d’images, j’ai emmagasiné énormément. Je voyais vraiment beaucoup de films à l’époque, j’étais à fond sur les réseaux de piraterie, pour avoir accès à des films qu’on ne trouvait pas en DVD. Je regardais deux films à la fois. (…) Au même moment je fréquente énormément de concerts et je sors beaucoup, il y a une grande intensité. »

Aujourd’hui, s’il ne regarde quasiment plus de film, la musique demeure son « domaine privilégié de recherche », aux côtés des histoires des personnes croisées. « Je me nourris en rencontrant des gens, je suis entouré de musiciens en permanence et je suis très heureux avec ça. » indique-t-il.

Côté maîtres à penser, l’influence des figures tutélaires Guy Debord et Chris Marker, « deux piliers fondamentaux », tend à s’estomper. 

« La pensée anarchiste et artistique de Guy Debord va me guider (…) À l’époque de l’Internationale Lettriste, il y a une sorte de défi au monde, de jeu très joyeux dans sa radicalité. Au fur et à mesure tu digères ces influences, elles te traversent, et aujourd’hui, pour moi, elles sont moins présentes. »

Aux côtés de Tolstoï et Tarkovski, jetés au passage, Vincent Moon souligne l’importance récente que la pensée de Donna Harraway a eu pour lui : « C’est une nourriture intéressante, qui m’a beaucoup influencé dernièrement. Ça me fait virer sur le côté queer, féministe, que je n’avais pas abordé. » Quelques références artistiques et intellectuelles donc, mais un refus de l’intellectualisme dans son rapport au monde et à la création, délaissé au profit d’un « rapport très direct, très DIY » aux choses : « je fuis les mots, je fuis ce rapport très français à la création artistique pour aller vers quelque chose d’organique. ».

Petites Planètes et Territoires : une ethnographie visuelle

Ce refus de l’intellectualisme cohabite toutefois avec une démarche dont le caractère ethnographique a été régulièrement souligné. Intérêt pour le sacré, la tradition, les pratiques collectives et rituelles, voyage dans des sociétés reculées ; Vincent Moon voisine avec les chercheur·ses, en y ajoutant une dimension artistique. Avec son projet Petites Planètes, situé à la frontière de « la création documentaire, de la recherche ethnographique, et de l’expérimentation filmique », il rompt avec la scène indie-rock de ses débuts et s’attache à filmer des pratiques musicales non-occidentales. Le confinement décidé par le gouvernement le conduit à restreindre temporairement son rayon d’action. Il découvre alors « Le Bal », un documentaire de Laetitia Carton, et le trouve « extraordinaire ».

« Il m’a ouvert à tout un autre univers. Après avoir fait des recherches sur la transe, sur les cercles sacrés à travers le monde, j’ai vu le bal comme une extension assez évidente de nos rituels païens ancestraux. (…) C’est retourner là d’où tu viens et de trouver des éléments que tu allais chercher au bout du monde. J’ai commencé alors à me focaliser sur le renouveau des musiques traditionnelles en France, au travers d’une série qui s’appelle Territoires. »

L’idée de Territoires, c’est de voir comment « des sociétés indigènes, dans diverses contrées du monde, réintègrent leurs coutumes ancestrales dans leurs manières de faire d’aujourd’hui ». C’est aussi se rendre compte que ces musiques traditionnelles relèvent davantage du mouvement que de la fixité, qu’elles « ont toujours été des formes mouvantes ».

Le live cinema, « retrouvaille avec des amours de jeunesse »

À Trempo, pour le live cinema, il ira « dans cette idée là », entouré de Faustine Audebert et de Tanguy Le Cras, alias Craze. Le format, fondé sur un montage en direct d’images accumulées et sur de l’improvisation musicale, est né d’une insatisfaction vis-à-vis de la projection cinématographique classique. « Pendant plusieurs années j’ai cherché une manière qui me satisfasse pour pouvoir montrer mes films, je me posais des questions parce que je montrais des films dans les festivals mais c’était chiant pour moi de montrer un film et de ne pas pouvoir le toucher. »

Il découvre alors les techniques de Vjing, et comme quelques années plutôt, lorsqu’il a pris comme un « signe des temps » la disponibilité nouvelle de « très puissants outils digitaux pour tout faire soi-même – caméra, micro puis ordinateur », il « s’engage absolument là-dedans » et « nourrit sa pratique au travers d’un rapport hyper simple à la technologie ».

« Il y a sept ou huit ans, j’arrive à explorer ça en profondeur et du coup, je retrouve là l’essence même de mon rapport original à la musique, un rapport qui a à voir avec la transe, et qui est fondé sur l’improvisation ; en fait j’ai retrouvé mes amours de jeunesse  – la musique expérimentale, les choses radicales, ce qui m’avait marqué quand j’avais 20 ans. »

 

Au-delà de la technique, pour ces performances, il fait appel à des musicien·nes locaux·ales, qui ont « un rapport musical au lieu, à la région, à un territoire, mais qui en même temps l’emmènent ailleurs. » Comment la performance va se passer? « Je ne sais pas exactement, je fais tout par improvisation » explique-t-il, « ce sera un dialogue ouvert avec Faustine et Tanguy. » 

Pour en savoir plus : 

Vincent Moon rencontre Faustine Audebert et Craze (live cinema)
Jeudi 14 mars 2024 à Trempo – 20h, entrée libre
Plus d’infos

Vincent Moon + Merope
Vendredi 15 mars 2024 au lieu unique – 20h, 10 à 15 €
Plus d’infos

Dans le cadre du festival Eurofonik


Interview et rédaction : Simon Grudet
Photo à la une : Marta La Faro

Vincent Moon rencontre Faustine Audebert et Craze (live cinema)
Jeudi 14 mars 2024 à Trempo – 20h, entrée libre
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Vendredi 15 mars 2024 au lieu unique – 20h, 10 à 15 €
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Dans le cadre du festival Eurofonik